Le 8 mars, trois femmes prennent la parole. Trois regards sur l’apprentissage, vus de l’intérieur.

 

Deux maîtres d’apprentissage engagées dans la transmission de leur savoir-faire. Une apprentie qui construit son parcours professionnel avec ambition. À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le CFA des Universités Centre-Val de Loire leur a donné la parole.

Parce que l’apprentissage se vit des deux côtés, leurs témoignages éclairent ce qui fait la force du modèle nous défendons depuis plus de vingt ans : l’accompagnement et une relation humaine authentique au service de la réussite professionnelle et de l’insertion durable.

 

Interview d’Isabelle Maurenard, Maitre d’apprentissage & Responsable d’un laboratoire d’analyse et d’expertise chez Philia à Blois

Le CFA des Universités Centre val de Loire : Quel a été votre parcours et qu’est-ce qui vous a motivée à devenir maître d’apprentissage ?

Isabelle Maurenard : De formation initiale en sciences des matériaux spécialisée dans les traitements de surfaces, j’ai une expérience industrielle dans le secteur automobile chez Phinia à Blois. Après 10 années d’expérience en tant qu’ingénieur en laboratoire d’analyse matériaux, je suis depuis 2016 responsable d’un laboratoire d’analyse et d’expertise.”

J’accueille des stagiaires et des apprentis depuis très longtemps ; c’était une démarche volontaire de ma part. Accompagner les jeunes vers l’autonomie et leur entrée sur le marché du travail me tient particulièrement à cœur. Leur regard neuf et leur esprit critique nous apportent beaucoup : ils favorisent la remise en question, l’amélioration continue et nous permettent de rester connectés aux attentes des nouvelles générations et à l’évolution de la société.

 

Le CFA des Universités Centre val de Loire : En tant que femme, avez-vous perçu des défis ou des atouts particuliers dans votre secteur ?

Isabelle Maurenard : Depuis le lycée où j’étais en filière scientifique, j’ai toujours évolué dans un environnement majoritairement masculin. Ça ne m’a jamais dérangée même si j’ai vu les comportements masculins évoluer de manière significative.

Je pense que le fait d’être une femme peut être un atout dans le management d’équipes masculines. Cela favorise souvent des échanges plus fluides et des relations moins marquées par des rapports de force.

 

Le CFA des Universités Centre val de Loire : Quel conseil donneriez-vous à une jeune femme qui débute sa carrière aujourd’hui ?

Isabelle Maurenard : Je lui dirais de rester elle-même, de faire ce qu’elle aime et de ne pas se mettre de barrières. Il ne doit pas y avoir d’à priori sur les métiers ou les environnements dits masculins, la motivation et les compétences doivent primer.

 

Le CFA des Universités Centre val de Loire : Qu’est-ce qui vous passionne dans la transmission de votre savoir aux apprentis ?

Isabelle Maurenard : Ce qui me passionne dans la transmission, c’est le partage et le sentiment d’être utile. Voir des jeunes s’approprier un métier, leur donner envie de s’y projeter et, parfois, éveiller de véritables vocations, est une source de motivation profonde.

 

Le CFA des Universités Centre val de Loire : Quelle est votre plus grande fierté en tant que maître d’apprentissage ?

Isabelle Maurenard : Ma plus grande fierté en tant que maître d’apprentissage est d’avoir accompagné certains jeunes dans la construction de leur parcours, en les aidant à donner du sens à ce qu’ils font. Contribuer à renforcer leur confiance en eux et à les voir s’épanouir professionnellement est une réelle satisfaction.

 

Le CFA des Universités Centre val de Loire : Quelle est votre vision de l’égalité femme-homme au travail ?

Isabelle Maurenard : Ma vision de l’égalité femmes-hommes au travail est pragmatique. Des progrès importants ont été réalisés, et c’est une très bonne chose. Il faut veiller cependant, à ce que cette démarche reste constructive et ne devienne pas contre-productive. La mixité au sein des équipes est essentielle pour leur bon fonctionnement, mais elle doit se faire naturellement, sur la base des compétences et des parcours, plutôt que par une logique de quotas.

 

Interview d’Eloïse DESLIS, Etudiante BUT GEII-Génie Electrique et Informatique Industrielle 
Formation BUT A2

 

 

Le CFA des Universités Centre val de Loire : Peux-tu nous présenter ton parcours et ce qui t’a motivé à choisir ta formation ?

Eloïse DESLIS : J’ai fait un bac général avec les spécialités maths et physique-chimie. Aujourd’hui, je suis en deuxième année de BUT Génie Électrique et Informatique Industrielle. Depuis toujours, je suis attirée par les choses techniques et concrètes. Au début, je me voyais plutôt dans le BTP sans trop savoir quoi faire exactement. En découvrant le BUT GEII, j’ai compris que ça correspondait à ce que j’aimais : un domaine technique, avec des débouchés possibles dans ce secteur. C’est pour ça que j’ai choisi cette formation.

 

Le CFA des Universités Centre val de Loire : Quels défis as-tu rencontrés en tant qu’apprenties femmes dans ce domaine et quelles sont les réussites qui ont marqué ton parcours ?
Eloïse DESLIS : Mon premier défi, surtout en première année, a été de me prouver et de prouver aux autres que j’ai autant ma place que tout le monde, même dans un domaine très masculin.
Ma plus grande réussite, c’est d’avoir pris confiance en moi et d’avoir montré que j’en suis capable.

 

Le CFA des Universités Centre val de Loire : Selon vous, qu’apporte le fait d’être une femme dans ce métier ?
Eloïse DESLIS : Selon moi, être une femme dans ce métier apporte une autre vision. Sur certains projets, j’ai parfois une façon de réfléchir et de travailler différente de mes camarades. Ce n’est pas mieux ou moins bien, c’est simplement complémentaire, et ça apporte autre chose à l’équipe.

 

Le CFA des Universités Centre val de Loire : En une phrase qu’est-ce qui te passionne le plus dans votre métier ? Qu’est ce qui vous rend fière ?
Eloïse DESLIS : Ce qui me passionne le plus, c’est la responsabilité qu’on a en bureau d’études : concevoir, dimensionner, préparer des plans, puis voir le projet se réaliser concrètement sur le terrain, ce qui me rend fière.

 

Interview de Marie LEMIEUX, Maitre d’apprentissage & Responsable bureau d’études chez Bouygues Télécom

 

Le CFA des Universités Centre val de Loire : Quel a été votre parcours et qu’est-ce qui vous a motivée à devenir maître d’apprentissage ?
Marie Lemieux : J’ai un parcours un peu atypique. À l’origine, j’ai suivi un BTS Action Commerciale, plutôt orienté commerce et relation client. J’ai ensuite travaillé quelque temps dans un cabinet d’architecture intérieure, une première expérience qui m’a permis de développer ma rigueur, mon sens du détail et ma compréhension des projets techniques.
Un peu par hasard, j’ai rejoint le groupe Vinci Energies, au sein de Cegelec. C’est là que j’ai réellement découvert le métier de technicienne bureau d’études. J’ai appris sur le terrain et au contact des équipes, c’est là que j’ai développé toutes mes compétences techniques et organisationnelles.
Par la suite, j’ai intégré Bouygues Construction, où j’ai évolué vers un poste de responsable bureau d’études. Cette progression m’a permis de prendre davantage de responsabilités et d’accompagner l’équipe du BE.
Quand on m’a proposé de devenir maître d’apprentissage, naturellement j’ai accepté, ayant moi-même beaucoup appris grâce à la transmission et à l’accompagnement. Aujourd’hui j’ai envie de partager mon expérience, de guider les jeunes dans leur montée en compétences et de les aider à trouver leur place dans le métier.

 

Le CFA des Universités Centre val de Loire : En tant que femme, avez-vous perçu des défis ou des atouts particuliers dans votre secteur ?
Marie Lemieux : Le secteur du BTP et des études techniques reste encore très masculin, donc oui, au début j’ai dû faire un peu plus mes preuves. On peut parfois être attendue au tournant, notamment sur la
légitimité technique. Mais j’ai toujours choisi de laisser parler le travail et les compétences.
Avec le temps, j’ai aussi réalisé que c’était une force : on apporte souvent une autre façon de communiquer, plus collaborative, plus transversale, avec beaucoup d’écoute. Dans des métiers où la coordination est essentielle, c’est un atout. Aujourd’hui, je ne vois plus le fait d’être une femme comme un frein, au contraire, c’est une richesse pour les équipes.

 

Le CFA des Universités Centre val de Loire : Quel conseil donneriez-vous à une jeune femme qui débute sa carrière aujourd’hui ?
Marie Lemieux : D’abord oser postuler, oser prendre la parole, oser viser des postes techniques ou à responsabilité, même si on ne coche pas toutes les cases. Ensuite, être curieuse et apprendre sur le terrain. C’est ce qui m’a permis d’évoluer, notamment quand j’ai démarré chez Cegelec, où j’ai tout construit progressivement. Enfin, croire en ses compétences: la légitimité vient avec l’expérience, mais aussi avec la confiance qu’on s’accorde.

 

Le CFA des Universités Centre val de Loire : Qu’est-ce qui vous passionne dans la transmission de votre savoir aux apprentis ?
Marie Lemieux : Ce qui me plaît le plus, c’est de les voir progresser. Les voir gagner en autonomie, comprendre la logique des projets, prendre confiance en eux.
J’ai moi-même beaucoup appris grâce à des personnes qui ont pris le temps de m’expliquer et de me faire confiance, notamment à mes débuts chez Vinci Energies. Aujourd’hui, transmettre à mon tour, c’est très gratifiant humainement.

 

Le CFA des Universités Centre val de Loire : Quelle est votre plus grande fierté en tant que maître d’apprentissage ?
Marie Lemieux : Ma plus grande fierté, c’est quand un apprenti devient pleinement autonome, qu’il ose prendre des décisions et qu’il trouve sa place dans l’équipe. Quand ils ont leur diplôme, qu’ils sont embauchés ou qu’ils poursuivent leurs études, je me dis que j’ai contribué, à leur parcours professionnel et à leur réussite. C’est presque plus satisfaisant que ses propres réussites personnelles.

 

Le CFA des Universités Centre val de Loire : Quelle est votre vision de l’égalité femme-homme au travail ?
Marie Lemieux : Pour moi, l’égalité, ce n’est pas mettre en avant le genre, mais plutôt mettre en avant les compétences. Chacun doit avoir les mêmes opportunités d’évolution, de responsabilités et de
reconnaissance. Les entreprises comme Bouygues Construction évoluent beaucoup sur ces sujets, et c’est
positif. Il reste du chemin à parcourir pour encourager davantage de femmes vers les métiers techniques. Plus on aura de modèles visibles, plus ce sera naturel pour les générations suivantes. L’objectif, finalement, c’est qu’on ne se pose même plus la question homme ou femme mais juste : la bonne personne au bon poste.

 

 

Trois femmes. Trois parcours. Une même conviction.

Isabelle, Marie et Éloïse ne se connaissent pas, mais leurs mots se rejoignent avec une clarté remarquable : dans l’apprentissage comme dans la vie professionnelle, ce sont les compétences, la curiosité et la confiance en soi qui tracent les chemins — pas le genre.

Ce que leurs témoignages révèlent, c’est bien plus qu’une réalité sectorielle. C’est la force d’un modèle fondé sur la relation humaine, la transmission authentique et l’engagement réciproque entre maîtres d’apprentissage et apprentis. Un modèle que CFA des Universités Centre-Val de Loire cultive et défend depuis plus de vingt ans, au cœur de ses territoires universitaires.

Parce que l’égalité ne se décrète pas, elle se construit — dans chaque laboratoire, chaque bureau d’études, chaque promotion. Elle se construit quand une responsable prend le temps de transmettre, quand une étudiante ose s’affirmer dans un environnement qu’elle n’était pas censée habiter, quand une entreprise fait confiance à une jeune femme pour grandir à ses côtés.

Ces histoires sont les nôtres, les vôtres. Et elles continueront de s’écrire, à travers chaque apprenti et chaque apprentie que le CFA des Universités Centre-Val de Loire accompagne quotidiennement vers une insertion professionnelle durable, ambitieuse et à la hauteur de leurs talents.

 

 

Vous souhaitez rejoindre l’aventure de l’apprentissage avec le CFA des Universités Centre Val de Loire— en tant qu’apprenti(e) ou en tant qu’entreprise d’accueil ? Contactez-nous et construisons ensemble votre réussite.